VannakamL'Inde du Sud en fauteuil - Hiver 2007/2008 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Carnet de bord
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J-1016 novembre 2007 Ça y est !
Nous venons de créer un blog. Notre premier blog !
Bon, après plus d'un mois d'attente, nos passeports sont enfin revenus de l'ambassade de l'Inde à Paris avec de beaux visas valables 6 mois. Ouf ! Allez un petit essai d'insertion d'une photo, pour voir si c'est facile :
À bientôt pour de nouvelles aventures palpitantes...
Vannakam17 novembre 2007
Vannakam (வணக்கம்) c'est tout simplement « bonjour » en tamoul.
Le tamoul , est une des 25 langues officielles de l'Inde sur les quelques 3000 dialectes parlés là-bas, et la langue officielle régionale du Tamil Nadu, état du sud-est qui longe le Golfe du Bengale. Tiens, il n'y a qu'en français que l'on dit tamoul à la place de tamil ( தமிழ் ).Bizarre...
Bon, ce voyage alors... Et nous terminerons par le 5e congrès asiatique d'Esperanto , qui se déroulera à Bangalore (au centre, dans le Karnataka) du 11 au 15 février 2008. Entre les deux, c'est complètement ouvert, et notre itinéraire se construira au gré des rencontres et des inspirations... Une petite carte pour se repérer (merci le Guide du Routard )
Lecture21 novembre 2007 Bon, comme vous l'avez compris, nous ne partons pas en Inde pour faire du tourisme. Si vous désirez en savoir plus sur l'esprit qui animera notre voyage, voici un petit bijou plein de vie et de fraîcheur.
Bonne lecture !
Arrivée28 novembre 2007 Premier exercice zen... Arrivés à l'aéroport à 4h30 le mardi matin, comme prévu, nous découvrons que notre avion est supprimé. Mais finalement tout s'est si bien passé que nous sommes arrivés plus tôt que prévu à Chennai. La Guest House dans laquelle nous logeons est calme, en bord de mer, et plus confortable que prévu, puisqu'il y a même des ventilos. Nous avons déjà fait une connaissance sympathique, Mireille, qui va nous faire connaître les associations du coins. Comme nous devons faire très attention à l'hygiène, nous mettons toute notre attention dans les gestes habituels de la vie quotidienne. Faire tous ces gestes en pleine conscience est aussi un très bon exercice...
Au village dalit1er décembre 2007 Mireille nous a fait rencontrer 3 associations qui s’occupent d’un village d’ ”intouchables” (dalit) au Sud de Pondichery. L’une d’elle s’occupe de restaurer leurs huttes de palmes, une autre de trouver des parrainages pour les enfants qui n’ont plus de père (il y a beaucoup de suicides, la vie etant très dure pour eux). La troisième encadre des ateliers créatifs pour les lépreux, les aveugles et autres handicapés. Ils fabriquent de jolies crèches indiennes (avec Marie en sari, des éléphants et de splendides Rois Mages…) ainsi que d’autres objets et tissages. Nous avons aussi appris que là-bas ils fabriquent leurs propres fauteuils roulants pour environ 60 euros.
Pour soutenir leur action, il y a le blog de Mireille et Jean-Pierre : http://puducherry.canalblog.com
Ce qui nous a émerveillés, c’est de voir que malgré une vie vraiment difficile, les enfants sont vivants et joyeux.
Alimentation vivante1er décembre 2007 Pour être en contact avec la population locale, nous allons à la cantine indienne. Leur cuisine est bonne, végétarienne, mais… très cuite ! Comme nous mangeons cru, nous emmenons discrètement nos portions et elles font plaisir aux quelques saddhus que nous rencontrons. Cependant, ce matin, nous avons eu une bonne surprise, quand ils nous ont servi une platée de haricots mungos germés au petit-dejeuner, en plus des habituels, pain, bananes, yaourt… Sinon, nous achetons au marche toutes sortes de légumes qui se pèlent (carottes, radis, concombres, jeunes pousses de maïs, choux de bruxelles…) et des fruits (bananes, ananas, papayes, avocats…).
Ce n’est malheureusement plus la saison des mangues. Nous avions aussi emmené de la spiruline comme complément, mais on en trouve ici fabriquée a Auroville et bio ! Nous avons aussi trouve un petit marché bio où l’on peut commander des légumes…
Le plaisir de la cantine c’est la file d’attente où on apprend à parler francais aux enfants et cela nous fait tous bien rire !
Ahimsa5 décembre 2007 Le français ne possède pas de mot pour "ahimsa" qui est souvent traduit par "non violence". Dans le concept d'ahimsa, il y a aussi une certaine notion de souplesse, de fluidité. Cela fait une semaine maintenant que nous sommes à Pondy, et nous avons l'impression de vivre l'ahimsa au quotidien. Pas une altercation, les gens sont tranquilles, les chiens paisibles, nous ne ressentons aucune agressivité, ni exprimée, ni refoulée.
La circulation a Pondy illustre bien cela : pour une ville d'environ un million d'habitants, il n'y a pratiquement aucun feu tricolore. Incroyable ! Nous marchons en moyenne une quinzaine de kilomètres par jour et apprécions de plus en plus cette danse avec les Tamouls.
Soeur Clara5 décembre 2007
Catherine, une française de l'ashram, nous a fait rencontrer une religieuse indienne pleine de douceur, de bonté et d'humilité.
Ce qui nous a impressionné aussi, c'est son ouverture et la liberté qu'elle laisse aux enfants. Ils ont entre 5 et 13 ans. Certains sont partis et sont revenus de leur plein gré. Ils ont conscience qu'ils ne sont pas en prison et sont les bienvenus. Un psychologue rencontre leurs professeurs pour qu'ils puissent accepter les enfants comme ils sont. Elle ne recoit aucune aide financière de l'État ni de l'Église Catholique. L'État l'aidera quand elle sera installée et les catholiques indiens ne l'aideront pas parce que les enfants sont des intouchables. Les musulmans lui offrent la possibilité d'un logement à un prix raisonnable, et sont les seuls à apprécier son action.
Son aventure est une totale confiance dans la Providence. Peut-être que la Providence souhaite l'aider à travers quelques-uns d'entre nous ? Pour vous, Christine et Yves, qui venez en janvier a Pondy, voici son tél. : 94434-25884. Elle peut vous envoyer un rickshaw qui vous conduira chez elle. Les visites se font le dimanche et en semaine aprés 17h. Ça vaut la peine que vous alliez la rencontrer, c'est vraiment une personne merveilleuse. Nous comptons encore lui rendre visite d'ici notre départ le 18 decembre, pour la montagne sacrée - Aruchana Hill - et l'ashram de Sri Ramana Maharshi à Tiruvannamalai.
Éléonore10 décembre 2007 Éléonore était là à la date prevue, le 10 décembre et nous passons nos soirées avec elle au bord de la mer.
Elle s’est mise au travail dès son arrivée après 20h de voyage sans dormir. Elle n’a pas pu résister à la fatigue et à la pluie. Elle est tombée malade mais elle travaille quand même, courageuse et perséverante comme toujours. Elle est souriante et s’adapte vraiment bien à la vie indienne.
Nous partons avant elle à Tiruvannamalai et la montagne sacrée d'Aruchana Hill (le 18). Elle nous y rejoindra le 23. De là nous partons ensemble à Trivandrum (Kerala) pour la messe de minuit et nous passerons le 25 à la plage de Varkala.
Ensuite nous allons séjourner à l’ashram d’Amma, le temps de son reportage puis elle nous emmenera à la rencontre d’une autre association. C’est une merveille d’avoir ces petits moments avec elle jusque début janvier, ensuite nos routes se séparent.
Élégance11décembre 2007 La démarche indienne est élégante souple et fluide.
Nous apprécions leur facon de s’habiller. Les saris de toutes les couleurs mettent en valeur leurs jolies peaux mates. Et nous avons été surprise qu’à 18h, ils sont toujours très soignés chemises repassées sans un pli. Ils ont toujours un air frais comme s’ils ne transpiraient jamais. En fait, ils se changent deux fois par jour. Nous comprenons mieux pourquoi il y a des “repasseurs” à tous les coins de rues.
Les saris et les penjabis ont pour mission de cacher les formes féminines par pudeur, mais par contre les femmes peuvent montrer leur ventre !
Rencontres13 décembre 2007 L’Inde est un pays très particulier, il met en lumière ce que nous avons de caché au fond de nous. Le contraste avec l’Europe est frappant, même dans la relation à l’autre.
Nous participons à la vie indienne et faisons diverses rencontres étonnantes. Nous vous avions déjà parlé du chaleureux accueil de Mireille et Jean-Pierre. Nous avons aussi rencontre Gérard et Régine qui dégagent une profonde douceur paisible. Et Nicolas, l’espace d’un moment, le temps de le sentir présent, ouvert et souriant.
Il y a aussi la joyeuse et tendre Nicole, australienne, qui a tout lâché pour aller à la rencontre d’elle-même et qui récite “Om mani padme hum” pour les poissons morts quand on traverse le marché. À partir de mars elle sera en Europe, elle espère apprendre le francais et l’espagnol et offrir ses services comme fille au pair (avis aux amateurs). En attendant, elle vient de se mettre à... l’Esperanto !
Et hier, nous avons fait la connaissance d’Anne, la magistrate, bénévole ici, rencontre simple directe et évident
Les fleurs et les arbres14 décembre 2007 Cette végétation luxuriante est un réel plaisir pour les narines et les yeux.
Deux fois par jour, un magnifique mandala de fleurs fraiches orne le samadhi (tombeau) de Sri Aurobindo. C’est un régal !Un “Rain tree” s’étale de toute sa splendeur pour offrir de l’ombre aux fleurs et aux pélerins. Aux détours des rues, nous avons non seulement la joie de voir l’océan, mais aussi des arbres prenant des postures originales.
Nous nous sommes aussi promenés dans le Jardin Botanique, pour admirer les diverses essences de la région. La plus grande joie fut de se reposer à l’abris du somptueux banian plusieurs fois centenaire d’Auroville (à côté du Matrimandir) qui est très impressionant avec ses immenses racines adventives.
Shanti15 décembre 2007
Notre séjour a Pondichery se termine et notre acclimatation est plutot réussie. Nous arrivons à manger 100% cru ; nous avons trouvé des légumes et des graines bio, graines que nous faisons germer très facilement dans de petits sacs en coton que nous avons fait confectioner chez un tailleur. Les graines poussent très rapidement (elles sont prêtes à consommer dès le 2e jour) sans aucun problème de moisissure ou de pourrissement comme on aurait pu le craindre sous ces latitudes. Nous faisons un repas par jour vers midi et nous mangeons quelques fruits – papayes, ananas, pommes cannelles, musambis (sortes d’oranges vertes), bananes… - vers 17h.
Nos horaires sont relativement souples. Le muezzin de la mosquée d’à côté nous réveille ponctuellement à 4h45 tous les matins. Après la promenade d’un kilomètre et demi en bord de mer pour rejoinder l’ashram, notre matinée se poursuit par 3 à 4h de méditation. Retour par le bord de mer pour une séance de “méditation en action” : nous passons une petite heure en tête à tête avec chacune des graines germées qui constituent notre repas, pour leur enlever leur petite pellicule. C’est notre manière de les remercier de nous donner toute cette bonne énergie. L’aprés-midi se déroule tout aussi tranquillement. La nuit tombant vers 18h, nous sommes généralement couchés a 21h.
Nous commencons à sentir une paix profonde s’installer. Même notre relation avec les mendiants devient paisible. Nous arrivons à discuter avec ceux qui parlent un peu anglais, regarder dans les yeux et sourire a ceux qui restent silencieux ou qui ne parlent que tamoul et a dire simplement et tranquillement non quand nous n’avons plus rien a donner. Om shanti shanti shanti
Vibrations17 décembre 2007
Nous vous avons déjà parlé des vocalises du muezzin qui nous éveillent chaque matin. Mais nous ne vous avons pas encore dit que nous pratiquons le “Chant des voyelles” tous les jours. C’est un magnifique cadeau que nous a fait notre ami Eric d'Eco-bio avant notre départ.
C’est un chant très simple de 9 voyelles qui nous fait vibrer de la tête aux pieds. C’est comme une grande vague qui parcours tout le corps, qui flue et reflue et vibre en nous encore longtemps après la fin du chant.
Si cela vous tente d’essayer, envoyez-nous un petit mail et nous vous donnerons quelques explications. En attendant vous pouvez toujours consulter le site de Reine-Claire et Gaal, qui sont canadiens et qui le diffusent.
Coincidences ? En tout cas, nous venons de recevoir aussi un beau cadeau de notre amie Anne (la magistrate) qui vient de nous faire découvrir le livre de Pierre Lessard (tiens, un autre canadien…) : “Le Maître en soi”. Vraiment sur la même “longueur d’onde”…
Tiruvannamalai24 décembre 2007 Nous avons quitté Pondi sous une pluie battante et ininterrompue pendant trois jours (traine de mousson). Des énormes flaques dans les rues, des vêtements qui ne sèchent jamais, les indiens se promenant tranquillement avec des parapluies ou des sacs plastiques sur la tête et Christophe, torse nu. Un paradis pour les moustiques aussi... Tiruvannamalai est vraiment un lieu étonnant. À chaque pleine lune, cette "petite" ville de 90.000 h, située au pied de la montagne sacrée Arunachala Hill, accueille des millions de pélerins pour le Girivalam. Et hier soir, c'était justement la pleine lune...
Girivalam, c'est le tour, à pieds nus, de la montagne (14 km), ponctué d'arrêts à chaque petit temple qui longe le chemin, le temps d'une prière ou d'une puja (offrande). C'est très impressionnant cette foule bruyante et vivante marchant d'un bon pas, ou chacun parle avec ses voisins, chante, mange, récite des prières...
Tiruvannamalai est vraiment un lieu pas comme les autres. C'est aussi là que Sri Ramana Maharshi a passe 20 années de sa vie à méditer dans une grotte au flanc de la montagne sacrée. Grâce à Gérard et Régine, nous avons eu la chance d'être invités dans son ashram, normalement réservé aux seuls dévots, qui y sont logés et nourris, de manière spartiate certes mais gracieusement.
Les repas sont d'abord servis aux pauvres, puis aux résidents. On mange par terre, avec pour assiette une feuille de bananier sur laquelle est servie du riz et du dhal. À la fin du repas on replie la feuille en deux, la feuille et les restes partent au recyclage (les vaches de l'ashram !). Avant et après chaque repas nous avons médité au samadhi (temple construit autour du tombeau de Ramana Maharshi). Les rituels sont différents de ceux de l'ashram de Sri Aurobindo à Pondichery, notamment avec le chant des Vedas, entonné par les brahmacharias (novices) deux fois par jour et les pujas. Dans ce lieu magique, ou Éléonore, Nicole et Anne sont venues nous rejoindre, nous avons totalement perdu la notion du temps. C'était très étrange, mais notre séjour d'une semaine nous a paru durer presque un mois. Très intense aussi la présence de Sivasakthi ...Deux fois par jour, nous avons assisté au darshan silencieux de cette grande âme rayonnante. Nous nous asseyons pendant une heure dans une grande pièce au rez-de-chaussee de sa maison pour méditer. Malgré les allées et venues de tous ceux qui venaient y assister, les yeux fermés, nous sentions quand elle entrait dans la piece, sans bruit, légèrement et avec grâce. Pendant un quart d'heure, elle contemple avec bonté, silencieusement les personnes présentes, se promène doucement parmi nous avec un regard pour chacun et sort aussi délicatement qu'elle est entrée. Sivasakthi (Énergie Divine) parle à notre âme et c'est délicieux et puissant...
Dans les bras d'Amma2 janvier 2008 Après le magnifique séjour à Tiruvannamalai, un saut de puce en avion et nous voilà au milieu des cocoteraies du Kerala dans l'ashram d'Amma à Amritapuri .
Éléonore ayant recu l'autorisation de faire des photos pour Ulysse Magazine, nous avons eu envie de l'accompagner. Par la suite, nous avons appris que c'était un rare privilège de photographier Amma, et que très peu de photographes recevaient cette faveur, faveur bien méritée !
Amma...
Nous avons eu la chance de recevoir trois darshans chacun qui nous ont beaucoup touchés. Son regard pénétrant a balayé tous nos doutes et nous avons constaté qu'Elle est vraiment un Être Réalisé. Elle est percue par les Siens comme un avatar de la Mère Divine. Nous avions prevu de rester trois jours et finalement nous avons été "scotchés" une semaine qui nous a semblé trop courte. Amritapuri est une fourmilière d'environ 4.000 personnes en residence, plus un millier de visiteurs qui logent sur place, plus des autocars bondés qui viennent de tout le Kerala pour la journée. Chaque résident et visiteur donnent entre 2 a 6 heures de leur temps pour accomplir les sevas, travail collectif offert avec plaisir. Les sevas nous permettent de faire des connaissances et de nous intégrer dans la bonne humeur. L'ambiance est très sereine, sans doute grâce à la présence d'Amma.
Kovalam3 janvier 2008 Éléonore repartant pour Pondichery, nous l'avons accompagnée jusqu'à Trivandrum, capitale du Kerala. Et nous nous sommes arrêtés une nuit à Kovalam pour passer notre dernière soirée ensemble.
Kovalam est une petite station balnéaire à une demie heure au sud de Trivandrum. Ce qui est agréable, c'est qu'il n'y a pas de voitures dans ce petit village de pêcheurs. Pour y accéder, on emprunte une digue tres étroite parmi les cocotiers et les rizières ; parfois le fauteuil passait tout juste !
La crique avec son phare blanc et rouge est charmante, mais hélas elle plait aussi à beaucoup de touristes occidentaux !
Et oui, nous faisons parfois quelques écarts pour déguster la cuisine indienne agrémentée de french fries - presqu'aussi bonnes que celles de Facqueval Fauteuil, Esperanto { Page précédente } { Page 2 sur 38 } { Page suivante } |
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